On ne change pas d'hébergeur par plaisir. On change parce que le site est lent, parce que le support ne répond plus, parce que la facture a doublé au renouvellement, ou parce que l'ancien prestataire garde les clés. Depuis quelques années, la plupart de mes migrations vont vers Infomaniak, hébergeur suisse indépendant, alimenté en énergie renouvelable, avec un support en français qui décroche. Voici comment je procède, étape par étape, pour qu'un lundi matin votre site soit ailleurs sans que personne ne s'en aperçoive.
Avant de toucher à quoi que ce soit
1. L'audit. Version de WordPress, du thème et des extensions, version de PHP, taille des fichiers et de la base de données, extensions abandonnées, erreurs déjà présentes. Une migration ne répare pas un site malade : elle le déplace. Si l'audit révèle des problèmes, on les traite avant ou on les note pour après, mais on le sait. Chez moi, c'est le poste « Audit et préparation de migration » de la grille, 70 € HT.
2. L'inventaire de ce qui vit sur l'hébergement. Le site, bien sûr, mais aussi : les boîtes e‑mail (c'est là que les migrations font mal), les sous‑domaines, les redirections, les tâches planifiées, les certificats. Un site migré sans ses e‑mails, c'est une entreprise coupée du monde pendant deux jours.
3. Les accès. Registrar du nom de domaine (là où vous le payez chaque année), ancien hébergement, futur hébergement, administration WordPress. Si l'un de ces accès est chez un ancien prestataire injoignable, c'est le moment de le récupérer : le nom de domaine surtout, parce que sans lui rien ne bouge.
4. Une sauvegarde complète, fichiers et base de données (les deux, sinon ce n'est pas une sauvegarde), conservée sur votre ordinateur. Pas sur l'ancien hébergement : le jour où vous le résiliez, tout ce qui s'y trouve disparaît.
La migration elle‑même
5. Copier, puis vérifier à blanc. Je crée l'hébergement chez Infomaniak, j'y copie les fichiers et la base, j'adapte la configuration (adresses, préfixes, chemins) et je remplace les anciennes URL dans la base si le domaine change. Puis je teste le site avant de basculer le domaine, grâce à une adresse provisoire ou en faisant pointer mon ordinateur seul vers le nouveau serveur. Pages clés, formulaire de contact, connexion au back‑office, boutique s'il y en a une : tout doit fonctionner alors que le public voit encore l'ancien site.
6. Préparer les e‑mails. Créer les mêmes boîtes chez Infomaniak, transférer les messages existants (l'outil d'import d'Infomaniak sait aller les chercher sur l'ancien serveur), noter les mots de passe. C'est facturé 20 € HT par boîte, le temps que prend le transfert et la vérification.
7. Abaisser le TTL des DNS un ou deux jours avant la bascule. Ce réglage dit aux serveurs du monde entier combien de temps garder en mémoire l'adresse de votre site ; le passer de 24 h à 5 minutes rend la bascule presque instantanée le jour J.
8. Basculer. Modifier les enregistrements DNS pour que le domaine pointe vers Infomaniak (site et e‑mails), activer le certificat SSL, vérifier que le site répond en HTTPS depuis plusieurs endroits. Reconfigurer les logiciels de messagerie sur vos appareils. Cette étape se fait de préférence en début de semaine, le matin, jamais un vendredi soir.
9. Surveiller trente jours. Un formulaire qui n'envoie plus, une image qui manque, un e‑mail bloqué par un filtre anti‑spam à cause d'un enregistrement SPF oublié : ces choses se révèlent dans les jours qui suivent, pas dans l'heure. Mon « support post‑migration 30 jours » (70 € HT) sert à ça. Ensuite seulement, on résilie l'ancien hébergement, et, le plus souvent, le contrat de maintenance prend le relais.
Les pièges que je vois le plus souvent
- Résilier l'ancien hébergement trop tôt. Les DNS n'ont pas fini de se propager, ou une sauvegarde manque : trop tard.
- Oublier les e‑mails. Le site marche, mais plus personne ne reçoit les devis.
- Le nom de domaine chez l'ancien prestataire, à son nom. Récupérez‑le avant tout le reste, quitte à attendre.
- Une version de PHP différente. L'ancien serveur tournait en PHP 7.4, Infomaniak propose 8.x : une vieille extension peut casser. C'est l'audit qui le détecte.
- Les URL codées en dur dans la base (images, liens internes) quand le domaine change. Il faut un remplacement propre, pas un rechercher‑remplacer au hasard qui casse les données sérialisées.
- Le mail SPF/DKIM. Après la bascule, si les enregistrements qui authentifient vos envois ne sont pas mis à jour, vos e‑mails partent en spam.
Combien ça coûte
Poste par poste, d'après ma grille 2026 : audit et préparation 70 € HT, migration au taux horaire (70 € HT de l'heure, comptez 2 à 4 heures pour un site vitrine, davantage pour une boutique), transfert du nom de domaine et configuration DNS 70 € HT, boîtes e‑mail 20 € HT chacune, support post‑migration 70 € HT. Un site vitrine avec trois boîtes mail revient en général entre 400 et 550 € HT tout compris.
Côté hébergement, comptez 300 € HT par an chez Infomaniak via mon intermédiaire (hébergement, certificat, sauvegardes de l'hébergeur), et 50 € HT par an pour le nom de domaine. Vous restez titulaire du domaine et de l'hébergement : je n'en suis que l'opérateur. Ces frais annuels sont aussi rappelés dans combien coûte un site WordPress.
Faut‑il forcément Infomaniak ?
Non. Je migre aussi vers o2switch, OVH ou l'hébergeur de votre choix, et je travaille sur des hébergements existants. Infomaniak est simplement celui que je recommande quand on me demande mon avis : performances correctes pour le prix, support humain, interface claire pour un client qui veut garder la main, et une entreprise qui ne revend pas ses clients tous les trois ans. Pour une TPE, c'est ce qui compte.
Un site à déplacer ? Décrivez‑moi la situation, avec si possible le nom de l'hébergeur actuel et le nombre de boîtes e‑mail : je vous réponds avec un devis chiffré et un calendrier de bascule.