Un site WordPress est un logiciel. Comme votre téléphone ou votre ordinateur, il reçoit des mises à jour, et comme eux, il vieillit mal quand on ne les fait pas. La différence, c'est que votre téléphone vous prévient ; votre site, lui, casse en silence, un dimanche, et vous l'apprenez par un client. La maintenance sert à ça : que quelqu'un regarde. Voici ce qu'un contrat sérieux doit contenir, d'après la vingtaine de sites que je maintiens.
Pourquoi un WordPress s'entretient
WordPress, c'est le cœur (le logiciel lui‑même), un thème, et une dizaine d'extensions écrites par autant d'éditeurs différents. Chacun publie des corrections plusieurs fois par an, souvent pour boucher une faille de sécurité rendue publique. À partir du moment où la faille est connue, les robots qui scannent le web la cherchent partout — et un site non mis à jour se fait trouver.
Deux chiffres pour fixer les idées : WordPress motorise plus de 40 % des sites web, ce qui en fait la cible numéro un ; et dans les piratages que j'ai eu à nettoyer, la cause était presque toujours une extension pas mise à jour depuis des mois, parfois abandonnée par son éditeur.
L'autre raison est plus prosaïque : une mise à jour peut casser quelque chose. Un formulaire qui ne part plus, une mise en page qui saute, une boutique dont le paiement échoue. Mettre à jour sans regarder, c'est aussi risqué que de ne pas mettre à jour.
Ce qu'un contrat doit couvrir
Les mises à jour, testées. Cœur, thème, extensions. Le mot important est testées : sur une copie du site d'abord, ou au minimum avec une sauvegarde immédiatement restaurable et une vérification des pages clés après coup. Un contrat qui se contente d'activer les mises à jour automatiques ne vaut pas grand‑chose.
Les sauvegardes, hors du site. Quotidiennes pour une boutique, au moins hebdomadaires pour une vitrine, conservées ailleurs que sur l'hébergement lui‑même (si le serveur est compromis, la sauvegarde qui s'y trouve l'est aussi). Et surtout : quelqu'un doit avoir vérifié qu'on sait restaurer. J'ai détaillé ce qu'une vraie sauvegarde veut dire : c'est le point où les contrats bon marché trichent le plus.
La sécurité. Pare‑feu applicatif, limitation des tentatives de connexion, scan régulier des fichiers, suppression des extensions abandonnées. Ce dernier point est le plus négligé : une extension qui n'a pas été mise à jour par son éditeur depuis deux ans est une porte ouverte, même si « elle marche encore ».
La surveillance. Savoir que le site est en ligne, que le certificat SSL n'expire pas, que le formulaire de contact arrive bien quelque part. Sur une boutique, vérifier le tunnel de commande de bout en bout.
Des corrections incluses. C'est ce qui distingue un contrat d'un simple abonnement à des mises à jour. Chez moi : une correction mineure par mois pour un site vitrine (un texte, une image, une erreur de contenu — moins de 30 minutes), deux pour un e‑commerce. Vous n'avez pas à vous demander si « ça va coûter » pour changer un tarif sur une page.
Un interlocuteur joignable. Avec un délai de réponse écrit. Le mien est de 24 h ouvrées ; en cas d'urgence (site en panne, piratage), la priorité passe devant tout le reste.
Ce qu'un contrat ne couvre pas, et c'est normal
Pour éviter les malentendus, le périmètre exclu doit être aussi clair que le périmètre inclus. En général :
- Les nouvelles fonctionnalités et les nouvelles pages (c'est de la création, facturée à part).
- Les refontes graphiques.
- Les bugs dus à des extensions ajoutées par le client sans concertation.
- Les conflits entre extensions qui demandent plusieurs heures de diagnostic : couverts jusqu'à un certain point, puis au taux horaire.
- La rédaction de contenus, le référencement au sens large, la publicité.
Hors contrat, mes interventions sont facturées 70 € HT de l'heure par tranche de 30 minutes, avec un supplément de 35 € de l'heure pour une intervention le soir ou le week‑end. Le contrat n'est pas obligatoire ; il est juste, sur une année, presque toujours moins cher que l'alternative.
Combien ça coûte
Sur le marché français, la maintenance WordPress par un freelance se situe entre 300 et 900 € HT par an pour un site vitrine, davantage pour un e‑commerce ou un site à fort trafic. En agence, comptez 1 000 à 3 000 € par an. Les offres à « 9 € par mois » existent : ce sont des mises à jour automatiques sans regard humain, ce que votre hébergeur fait parfois déjà gratuitement.
Mes tarifs 2026 : 480 € HT par an pour un site vitrine, 840 € HT par an pour un e‑commerce (WooCommerce, tunnel de commande, paiements et stock surveillés, deux corrections mineures par mois). Le détail est sur la grille tarifaire, et la place de la maintenance dans le budget global d'un site est expliquée dans combien coûte un site WordPress.
Pour situer : 480 € par an, c'est 40 € par mois, soit moins d'une heure de mon temps au taux horaire. Un piratage à nettoyer, c'est rarement moins de quatre heures, et souvent une journée quand il faut tout reconstruire depuis une vieille sauvegarde.
Les signaux d'alerte
Quelques questions à poser avant de signer, chez moi ou ailleurs :
- Où sont stockées les sauvegardes, et à quand remonte le dernier test de restauration ? Si la réponse est floue, il n'y a pas vraiment de sauvegarde.
- Les mises à jour sont‑elles testées avant d'être appliquées en production ? « Elles sont automatiques » n'est pas une réponse.
- Que se passe‑t‑il si le site est piraté ? Le nettoyage est‑il inclus, facturé, ou pas prévu ?
- Ai‑je tous les accès ? Hébergement, nom de domaine, administration WordPress. Un prestataire qui garde les clés vous rend captif. Chez moi, le site vous appartient et vous avez tous les accès dès la mise en ligne.
- Quel est le délai de réponse écrit ? Sans engagement de délai, il n'y a pas de contrat de maintenance, juste une intention.
Peut‑on le faire soi‑même ?
Oui, si vous êtes à l'aise et discipliné. Le minimum : une sauvegarde automatique hors site, les mises à jour appliquées chaque semaine après avoir vérifié le site, un plugin de sécurité configuré, et une alerte si le site tombe. Comptez une heure par mois et un peu de sang‑froid le jour où une mise à jour casse quelque chose.
La plupart de mes clients ont essayé, puis ont préféré déléguer — pas par incompétence, mais parce que leur métier n'est pas celui‑là et que le site, lui, ne prévient pas quand il a besoin d'attention. Si c'est votre cas, parlons‑en : le contrat démarre à n'importe quel moment de l'année, même sur un site que je n'ai pas créé, après un audit technique de 150 € HT pour savoir d'où l'on part — et, si l'hébergement fait partie du problème, une migration peut se faire dans le même mouvement.